Mairie de Cellettes

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Historique

En Sologne, la pénétration humaine, lentement amorcée depuis le premier âge de fer le long des principaux cours d'eau, s'est accentuée par l'arrivée des Carnutes ; ainsi Beuvron, la rivière des « bièvres » ( castors) est un nom gaulois. Le site de Cellettes entouré de bois a pu se trouver à l'écart de la pénétration romaine comme plus tard de l'arrivée des Normands qui, l'une et l'autre, se sont faites par les vallées de la Loire et du Cher.

Dans un monde pauvre de villes, la poursuite du christianisme entreprise par saint Martin de Tours (accession à l'épiscopat de Tours en 361) se fit lentement. Aux VIème et VIIème siècles, beaucoup d'hommes épris de Dieu, vivent en ermites et prêchent par l'exemple de leur vie. Dès le VIème siècle, un ermite, Saint Mondry, se serait installé sur les bords du Beuvron : le nom de Cellettes vient de « cella », cellule de l'ermite mais aussi salle de sanctuaire. Cependant, des historiens * contestent l'existence de certains de ces ermites ou doutent de leur identité, les faits et gestes de ces ermites ayant été rédigés à une date incertaine ou très postérieurement aux événements. L'église est édifiée à l'emplacement du sanctuaire qui était dédié à Saint Mondry : ...

* Le Loir-et-Cher de la Préhistoire à nos jours. Collection Hexagone. L'histoire de France par les documents . Etude des départements français de la Préhistoire à nos jours.

Editions Bordessoules 10 septembre 1985.


Le livre sur le Loir-et-Cher a 430 pages. Il est préfacé par Kléber Loustau, Président du conseil général. Direction de l'ouvrage assurée par Claude Croubois, Agrégé, Inspecteur d'Académie chargé d'une mission d'Inspection pédagogique régionale.

Livre rédigé par quatre enseignants d'histoire et de géographie du département: Y. Denis, Agrégé ; J.-J. Loisel Certifié ; J.-P. Sauvage Certifié et J. Vassort, Agrégé.

Passage relevé dans le livre p. 103 et 104 :

«... Certes, les hagiographes nous ont transmis les faits et gestes merveilleux de ces ermites ; fâcheusement, ces vitae ont été rédigées soit à une date incertaine, soit très postérieurement aux événements ( les vies des saints Avit, Viâtre, Dyé et Bienheuré datent des IXe et Xe siècles). On est donc amené à contester l'existence de certains de ces hommes de Dieu comme saint Mondry à Cellettes ou à douter de leur identité... »

Autres points historiques importants



Pénétration romaine

En Beauce, à Blois, dans la vallée du cher (Thésée) et plus près de Cellettes à Ouchamps

( cimetière) ; existence d'une voie romaine dans la forêt de Russy.

Moyen âge

Installation de moulins à blé sur le Beuvron.

Aux XIIème et XIIIème siècles, chartes de franchises accordées aux Montils, à Pontlevoy et à Contres.

Au XIVème siècle, des vignes sont mentionnées aux Montils et à Cour-Cheverny.

On peut remarquer que les Montils et Cour-cheverny sont souvent mentionnés dans les documents. En revanche, nous n'avons pas vu le nom de Cellettes dans les documents du Moyen âge.

Le Protestantisme rural aux 16ème et 17ème siècles

Révolution

Cellettes est chef-lieu de canton en 1790 ( à cette date, la ville de Blois constitue un canton à elle toute seule) mais appartient au canton de Blois-Ouest à partir de 1801.

Chemins de fer départementaux

A voie étroite. Blois-St-Aignan.

Eglise Saint Mondry de Cellettes

Cette église est placée sous le patronage de Saint Mondry, du nom d'un ermite, qui à la fin du VI siècle vint s'établir à la lisière de la forêt de Russy au bord du Beuvron ou il construisit sa « cellule », donnant ainsi son nom au village qui se développa autour « CELLETTES ».

On ne connaît pas les plans de l'église primitive qui existait probablement dès le XI siècle. Par une « Bulle » du Pape LUCIUS II datée du 15 Avril 1144, on sait qu'elle dépendait de l'Abbaye de Pontlevoy qui nommait son curé et ce jusqu'à la création du Diocèse de Blois le 1er Juillet 1697.

L'église actuelle remonte au XIII siècle et comprenait à l'origine une nef centrale, le chœur et le transept. Au XVI siècle on lui adjoint deux bas côtés au nord et au sud et au XIX siècle sous la direction de l'architecte de La Morandière la grande nef est prolongée d'une tribune et d'un porche flanqué de chaque côté d'un petit escalier de pierre permettant d'accéder à la tribune et au clocher.

A remarquer la petite porte sud surmontée d'une élégante décoration de style flamboyant datant du XVI siècle.

La travée centrale s'ouvre sur le chœur et sur les chapelles par un arc brisé à profil rectangulaire et sur la nef par un grand arc de même forme à double voussure.

La voûte de la nef est une charpente en forme de coque de navire renversé. Au milieu du XV siècle un orage déclencha un incendie qui la détruit entièrement ainsi que la toiture de l'édifice.

Le Comte Charles de Blois, par lettre du 13 septembre 1447 ; tant par pitié et aumône que pour honneur et révérence de Monsieur Saint Mondry ; donne par grâce spéciale au curé et aux paroissiens de l'église du dit Saint Mondry, l'autorisation de couper et prendre dans sa forêt de Russy tout le bois nécessaire à la réfection de l'édifice.

La nef communique avec le bas-côté nord par deux arcades en plein-cintre retombant sur une pile à ressaut et avec le bas-côté sud par trois arcades semblables retombant sur des piliers octogonaux.

Les bas-côtés sont couverts de voûtes d'agave du XVI siècle à clefs pendantes à culots sculptés d'angelots, de monstres et de motifs de feuillages.

La voûte de la chapelle méridionale porte un agneau sculpté à sa clé et des culs de lampe décorés d'angelots. Dans l'angle du pilier on voit encore une tête sculptée du XIII siècle qui appartenait à la voûte primaire.

Au XVII siècle les trois autels furent surmontés d'un retable : sur l'autel de la Sainte Vierge côté nord, sur celui de Saint Vincent côté sud, quant au maître autel qui était monumental, il reçut un magnifique groupe en pierre représentant l'Adoration tel qu'on peut en voir en la chapelle du Val de Grâce à Paris ou en l'église Sainte Croix de Bernay. La Sainte Vierge et Joseph appuyés sur une croix étaient agenouillés devant l'enfant Jésus, au-dessus d'eux deux anges en adoration aux ailes déployées.

En 1850, l'Abbé Belin qui avait été curé pendant 59 ans est remplacé par l'Abbé Mollard âgé de 38 ans, plein de zèle et de projets, il entreprend avec le concours des paroissiens de remettre l'église en l'état et de la moderniser.

Il fait refaire tous les vitraux entre 1860 et 1880 et repeindre les murs. N'étant pas satisfait de l'éclairage du chœur, il fait détruire les deux vitraux latéraux et murer l'emplacement puis fait ouvrir le fond du chœur pour y placer un grand vitrail représentant le Calvaire ; au pied de ce dernier il se fait représenter en souvenir de son voyage en Terre Sainte.

Le grand autel a été démoli et remplacé par un autel néo-gothique placé au milieu du chœur, laissant ainsi derrière un espace disponible pour la chorale.

L'Adoration en pierre est démontée, chaque personnage séparé ; les deux anges dépouillés d'une aile seront placés au-dessus du retable de Saint Vincent, la Sainte Famille au-dessus de celui de la Sainte Vierge.

A l'emplacement des deux vitraux, il fait réaliser par le peintre Grandin de Tours, élève de Puvis de Chavanne, deux fresques représentant Jésus au jardin des Oliviers et le Christ ressuscité. La voûte du chœur est décorée de huit anges tenant les signes de la Passion.

Le clocher qui s'élève à 30 mètres du sol repose sur quatre piliers de dix mètres de circonférence. C'est une tour carrée, couronnée d'une corniche à modillons couverte d'une toiture pyramidale se terminant par une flèche octogonale.

Il reçoit trois cloches ;

La plus ancienne qui donne la « sol » pèse 500 kg a été offerte par Messire Paul de Fieubet, Vicomte de Beauregard et Dame Angélique de Fouroy son épouse, elle fût bénie par Messire Michel Ribou curé de la Paroisse en 1690.

La seconde, fondue par Bollée Ainé à Clermont en Haute Marne sonne le « do bémol » et pèse 450 kg ; elle porte le crucifix d'un côté, la vierge de l'autre ; elle a été offerte par Madame la Comtesse de Sainte Aldegonde, châtelaine de Beauregard à l'occasion du mariage de sa fille Valentine avec le Marquis de Talleyrand Périgord Duc de Dino le 11 octobre 1839.

La troisième pèse 681 kg et se nomme Marie Renée ; elle a été offerte par Monsieur le Comte et Madame la Comtesse de Cholet, châtelains de Beauregard et bénite le 23 Août 1896 par Monseigneur Charles Honoré Laborde, Evêque de Blois.

A l'occasion de son mariage avec Monsieur Gaston de Marolles, Lieutenant au 2éme Hussard, Mademoiselle Marie Thérèse Collinet de la Salle, fille du châtelain de la Rozelle, offrit de remplacer la cloche la plus ancienne qui donnait des signes de fatigue, sa sonorité était devenue défectueuse causée par de multiples fêlures et quelques brèches dans le métal. La nouvelle cloche pèse 530 kg, elle est bénie le 25 Février 1900 sous le nom de Marie Thérèse par Monseigneur Laborde, évêque de Blois en présence du Curé Jacques Charnier et du Maire Pierre Beaudouin.

Les Fonts Baptismaux sont du XVII siècle ; la cuve est en pierre à godrons et le couvercle de bois sculpté.

Le confessionnal est du XVIII siècle.

La chaire, et les 72 bancs exécutés fin XIX siècle en ébénisterie de style gothique.

Trois tableaux :

Une Assomption de la Vierge, belle copie de Murillo offerte en 1844 par le Roi Louis Philippe qui avait des liens d'amitié avec la Comtesse de Sainte Aldegonde, châtelaine de Beauregard.

Un tableau du Rosaire du XVII siècle représentant Saint Dominique à genoux aux pieds de la Vierge, le pourtour est orné de 15 médaillons représentant 15 mystères joyeux, douloureux et glorieux.

Un petit tableau du XIX siècle représentant Saint Mondry en prière.

Parmi la douzaine de statues offertes par les paroissiens au cours du temps, à noter une statue en bois sculpté du XVII siècle : l'Education de la Vierge.

Deux grands lustres de cristal devant chacun des autels latéraux.

Un Chemin de Croix offert par Mademoiselle de La Salle lors de son mariage en 1900.

Les reliques de Saint Mondry sont conservées dans un curieux petit coffret de bois revêtu de plaques d'os décorées de dessins géométriques que l'on date de l'époque carolingienne. Devant sa fragilité, il fût pourvu au Moyen Age de pentures en fer étamé pour assurer sa conservation.

Au début de la Guerre de Cent ans, à l'époque des invasions, en 1350 les paroissiens craignant le pillage et la profanation le firent mettre en sûreté au donjon du Château de Blois dans la chapelle Sainte Constance où il resta jusqu'à la fin des hostilités. Un parchemin daté de 1447 joint au reliquaire relate le retour des reliques en présence du Comte de Blois et de l'Evêque de Chartres.

En 1618, une châsse en bois de tilleul est exécutée pour protéger ce coffret ; sur l'un des côtés figure Saint Mondry entouré de Saint Bohaire et de Saint Lubin.

Une deuxième châsse en bronze doré a encore été offerte en 1886.

L'église possède en outre une collection intéressante d'objets du culte, des vases précieux, des reliquaires, des missels anciens, des bannières, des chasubles, des écharpes, etc ...

La restauration de la toiture, du clocher et des murs extérieurs a été achevée en 1980.

L'intérieur de l'église vient d'être entièrement restauré en 1989. Les travaux ont durés six mois. Les peintures murales ont été retirées à l'exception de celles du chœur qui forment un décor autour des fresques. L'idée directrice étant de conserver et restaurer tout ce qui pouvait l'être et de le mettre en valeur.



Châteaux

Sur les dix huit châteaux qui forment « la couronne de Cellettes », un seul , le plus important Beauregard » du XVIème siècle, célèbre par sa galerie des portraits et le cabinet des grelots, est ouvert à la visite. Lutaine, adossé à la Forêt de Russy, s'enorgueillit d'avoir abrité quelques temps l'académicien Paul Claudel qui y écrivit en 1923 « Les conversations en Loir- et-Cher ». Bous seuil, Montrion, La Boissière ... se découvrent au hasard des promenades dans la campagne
environnante.
Mise à jour le Vendredi, 20 Mars 2009 08:15  

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